Nous aidons a exprimer une identité forte de la marque en reflétant ses valeurs à travers les sens et/ou couleurs. Nous immergeons l’utilisateur, l’usager ou l’acheteur dans un univers favorisant la découverte, l’usage ou l’achat. Nous agissons sur l’humain en apportant un bénéfice psycho-physiologique au produit…

Qu’est ce que la perception sensorielle ?

L’exemple de la madeleine de Proust

Afin de montrer ce qu’est la perception sensorielle, nous allons utiliser l’exemple de la madeleine de Proust :

Est qualifié de madeleine de Proust tout phénomène déclencheur d’une impression de réminiscence. Ce peut être un élément de la vie quotidienne, un objet ou un geste par exemple, qui ne manque pas de faire revenir un souvenir à la mémoire de quelqu’un, comme le fait une madeleine au narrateur dans une scène de  À la recherche du temps perdu, dans le premier volume du roman Du côté de chez Swann de Marcel Proust. Le gâteau, trempé dans une tasse de thé, devient brusquement déclencheur non du simple souvenir, mais du fait de ressentir quelques instants une scène de son enfance.

Au travers de ce texte, on peut dire que la sensation liée à l’objet produit une image,un souvenir lié à une saveur, il s’agit donc d’une perception sensorielle. La sensation est liée à des souvenirs des images, une identité qui apparaîtra à l’utilisateur, or cette identité lié à un souvenir peut créer une certaine émotion chez l’utilisateur comme on le voit dans le texte de Proust, cette émotion ou ce souvenir apportera une appropriation plus forte de l’utilisateur à l’objet.

Comment l’utilisateur perçoit un produit ?

L’Homme perçoit le monde au travers du prisme de ses organes sensoriels, cette perception, on peut la penser comme dominée par le visuel, certes, ce sens est celui sur lequel le designer peut le plus facilement jouer, mais la relation d’un homme à son environnement est un tout, et les autres sens ne doivent pas être négligés. L’ensemble des perceptions sensorielles doivent être étudiées dans l’optique d’améliorer la relation de l’usager au produit et provoquer une sensation de bien-être.

La perception sensorielle est la perception « immédiate » que nos sens nous livrent,comme des informations directes. Le terme de «sensation» est parfois utilisé dans un sens plus large (recouvrant aussi les émotions). Chez l’humain, on distingue cinq sens délivrant cette information :

  • Goût
  • Odorat
  • Ouïe
  • Toucher
  • Vision

En psychologie cognitive, la perception est définie comme la réaction du sujet à une stimulation extérieure qui se manifeste par des phénomènes chimiques, neurologiques au niveau des organes des sens et au niveau du système nerveux central, ainsi que par divers mécanismes qui tendent à confondre cette réaction à son objet par des processus tels que la représentation de l’objet, la différenciation de cet objet par rapport à d’autres, donc au final une identité sensorielle de l’objet qui tend à le différencier et le faire accepter.

Il s’agit d’une prise de conscience phénoménologique des interactions de l’homme avec l’objet, dans le but d’éviter au consommateur de percevoir ce que l’on appelle des bugs sensoriels provoquant des sensations désagréables.

On peut citer par exemple le bug de Bernardo, c’est à dire lorsque l’objet reste sourd aux sollicitations de l’utilisateur. On peut retrouver ce bug dans l’ouverture de certains transports en commun, où l’on doit presser un bouton, ou lever une manette pour que la porte s’ouvre, la porte restant inerte car le train n’est pas totalement arrêté par exemple.

La réponse à ce bug sera de montrer à l’utilisateur que le système d’ouverture a bien pris en compte sa requête, et va s’ouvrir, cela se traduit souvent pour ce cas par un signal lumineux ou sonore.

La chasse a ces bugs sensoriels, cette prise en compte de tout les sens de l’utilisateur tend à faire dialoguer l’objet avec l’utilisateur, au contraire d’un objet qui s’impose à celui-ci, cet objet sera conçu dans un objectif d’une acceptation de l’utilisateur. Cela permet aussi d’améliorer le dialogue avec les personnes handicapées, en effet, certains handicaps altèrent certains sens (comme le daltonisme), en parlant à plusieurs sens, l’objet sensoriel permet d’être plus proche, et d’être efficace dans son usage pour un plus grand panel d’utilisateurs.

La perception entraîne la sensation, une bonne sensation entraîne une meilleure acceptation voire une appropriation de l’objet, ceci bien sûr dans notre contexte et notre culture. C’est pour ces raisons qu’il est important de travailler sur la perception et la sensation, afin de provoquer un certain bien-être chez l’usager en augmentant la qualité perçue du produit.

Pourquoi le Design sensoriel ?

La dimension fonctionnelle ainsi que l’esthétisme («La laideur se vend mal » Raymond Loewy) d’un produit son aujourd’hui inscrites dans le design industriel. Or si l’esthétique du produit participe au désir d’achat qu’il suscite, il n’est plus suffisant dans un environnement où nous sommes saturés de stimuli visuels. C’est pour ses raisons que d’autres stimuli, d’autres approches doivent être pris en considération dans la manière de concevoir l’objet. Ces stimulis, ce sont les perceptions, les sensations de l’humain.

L’établissement de ce constat dans les années 1990 a donné naissance au design sensoriel avec ses technologies et ses méthodologies.

Il place l’utilisateur au cœur de la démarche : avant d’utiliser un objet, ce dernier le perçoit, et doit lui donner à désirer…

Les secteurs précurseurs dans ce domaine sont :

  • L’agro-alimentaire, naturellement sensible au goût, à la texture a apporté ses techniques, notamment la science de la mesure des sens appelée métrologie sensorielle.
  • L’ Automobile, cosmétique, luxe etc….

Et s’est aujourd’hui étendu à bon nombre de secteurs liées au design industriel.

L’utilité du design sensoriel

Au niveau industriel, c’est l’automobile qui a été le précurseur, par exemple avec des travaux de design acoustique permettant de définir le claquement d’une porte ou de reconstituer le « bruit » d’un clignotant, ou des travaux sur l’odorat et le toucher.

Ce qui fait aujourd’hui que les experts (par exemple les journalistes de revues sur l’automobile) jugent aujourd’hui la qualité d’un véhicule autant sur ses niveaux de consommation ou de sécurité, que sur son rendu sensoriel (qualité des plastiques, bruits dans l’habitacle…).

On peut citer le constructeur Renault qui poursuit une politique dynamique en la matière : équipe dédiée, formalisation, action de communication et de sensibilisation à l’attention du public. Ses équipes travaillent sur les quatre sens que sont le toucher, l’ouïe, la vue, et l’odorat car la qualité est une affaire de cohérence.

« Un client, note Sébastien Crochemore, chef d’équipe ‘Propriétés physiques et sensorielles’, quand il entre dans une nouvelle voiture, commence par caresser le bandeau de porte, puis la visière, la planche de bord et le volant, le levier de vitesse… Il doit s’en dégager un tout, une perception d’unité. »1

Grâce au marketing sensoriel, on peut identifier les attentes du client et y répondre de façon cohérente. Par exemple, lorsque l’on touche une poignée chromée, la sensation perçue doit correspondre à une sensation froide au toucher. Dans la Mégane III, sortie début 2006, la visière au dessus des compteurs ainsi que la planche de bord, au lieu d’être rigide comme auparavant, présente une technologie souple, au toucher, elle est moelleuse sous les doigts, tout en ayant un son rassurant qui exprime la solidité.

Le but du jeu sur les perceptions au toucher est d’arriver à un toucher avec des fonctions cognitives et intellectuelles qui font sens, par rapport à son objectif. On cherchera des sensations différentes selon l’objet que l’on va toucher, c’est à dire qu’il faut étudier les matériaux selon l’objet et sa fonctionnalité, son but. Une certaine sensation même agréable ne se prêtera pas à n’importe quel produit. Une sensation sera agréable et cohérente que si elle est étudié en fonction de l’objet et de son usage.

Ainsi on a donc besoin en tant que consommateur non seulement que l’objet remplisse sa fonction, mais aussi qu’il se fasse désirer. Il doit nous raconter une histoire, ou plutôt parler à nos sens. Le produit doit faire sens par nos sens en essayant d’occulter le plus possible ses défauts, ses points noirs, en nous rassurant. On cherche la satisfaction sensorielle de l’usager.

On créé une nouvelle réalité en jouant sur les sens, en utilisant la couleur, la matière, la lumière donc le paraître afin de donner une impression à l’utilisateur, de l’immerger dans une ambiance maîtrisée.

Par exemple, dans les transports en commun, un des principaux inconvénients qui peut se faire ressentir est le manque de place, la sensation d’être enfermé, pour remédier à cela il faut créer la sensation d’espace en utilisant un jeu de couleurs plutôt claires rendant ainsi l’espace plus lumineux offrant une meilleure sensation d’espace, en jouant sur la disposition du ou des motifs et des sources lumineuses.

Le designer désigne l’ambiance, le ressenti, la fiction qu’il veut faire passer au consommateur du produit, en ayant pour outil le travail de la finition : le design sensoriel.

On intellectualise un concept, une ambiance, pour la transmettre à l’utilisateur dans une optique de confort et de bien-être pour celui-ci.

Le design sensoriel peut prendre part dans cette relation affective car, en jouant sur les sensations, le designer entre dans la sphère intime de l’utilisateur Il resserre les liens entre l’utilisateur et l’objet, permettant à celui-ci de mieux se l’approprier dans une optique de confort d’utilisation et de bien-être, voire mieux-être.

La perception sensorielle ne crée pas le lien affectif et n’est pas une science de l’émotion, mais au travers des sensation procurées, elle aide l’utilisateur à s’attacher à l’objet dans son usage, à le trouver agréable au travers de bonnes sensations.

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